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Historiques
Rappel
Le Jardin du Paradoxe
La parabole du fraisier

RAPPELS

Durant plus de vingt ans, le Cirque Divers a été le théâtre de milliers de représentations variées. Lieu de débats, de rencontres, d’expositions ou de soirées axées sur un thème. Anonymes et grands noms s’y sont côtoyés, ont échangé leurs points de vue, leurs rires, leurs divergences aussi. D’Arrabal à Ginsberg, du poète d’un soir au chanteur des rues, de l’intellectuel au clochard, de Topor au peintre du dimanche, plusieurs milliers de vies se sont ainsi croisées au fil des ans, des saisons, des générations et des modes. Echanges, mélanges de voix, de couleurs, de musiques, de paroles et de cultures. Le Cirque Divers n’a jamais cessé de rire. Jamais cessé de pleurer. Jamais cessé de vivre. Des milliers de personnes l’ont fait vivre. Certaines sont restées, d’autres n’ont fait que passer, mais toutes, sans exception, ont apporté une pierre à l’édifice, une semence au jardin.

Un jour, le Cirque (comme disaient la plupart des gens) a dû replier son chapiteau. Il n’y eut ni enterrement, ni funérailles. Nous n’avons pas laissé le temps aux vestiges de s’éteindre. Trop de traces étaient encore présentes, visibles, vivantes. Le Cirque ne pouvait pas mourir. Il avait l’obligation de survivre. De renaître ailleurs.
Nous avons repensé à la proposition que nous avait faite, en 1986, Toni Cots, alors directeur du Sitgés Teatre Internacional. Pourquoi ne pas “déménager” le Cirque Divers pour la durée de son festival dans les murs du Maricel, palais décoré par Miro ?
Cette proposition entrait de plain-pied dans la “spectacularisiation du quotidien” soutenant notre démarche. En fait, une continuité étrange de la reconstitution archéologique de “Foncièrement la Petite Maison, Pavillon Psychiatrique” en 1978 au “Temps des Cerises” à Floreffe.

Finalement, c’est à Poitiers que cette ré-implantation ethnologique eut lieu pour la première fois.

Ce duplicata a été possible grâce à l’aide de 1.800 photocopies couleur à partir de photos réalisées par Philippe Gielen, artiste liégeois qui utilise cette technique de duplication dans son travail photographique. Nous avions choisi cette solution en fonction du temps de réalisation et du budget impartis. “Il faut se servir des moyens qui sont familiers aux temps que vous vivez ; sans cela vous n’êtes pas compris et vous ne vivez pas”, Delacroix.

Dès sa création le Cirque Divers a toujours insisté sur la théâtralisation du quotidien. une banderole proclamait : Cirque Divers Partout À toutes heures, soulignant ainsi la gravité nue du “théâtre de la vie”, ce théâtre de tous les instants, de tous les futiles, de tous les éphémères. Cet ensemble mouvant, en perpétuelle métamorphose, dont chaque pièce, même la plus minime, est d’une importance grave. D’où la nécessité d’être en permanence “d’une certaine gaieté”. Grand Jardinier du Paradoxe et du Mensonge universels, disaient-ils.

Aujourd’hui, près d’un quart de siècle plus tard, certains diront que “Le Cirque Divers” est mort. Le Jardin du Paradoxe est là pour prouver le contraire. La gaieté est toujours certaine. L’identité ne meurt que si elle cesse de se chercher. Or, ici, la recherche de l’identité est permanente. Elle ne se contente pas de dire “je suis ceci” ou “j’ai été cela”, mais se cultive dans le “je serai ceci ET cela ET bien d’autres choses encore”.

 
D'une Certaine Gaieté Le Cirque Divers asbl
Rue des Mineurs 9/11
4000 Liège
Tél./FAX : +32 4 222 12 46